10 Août

Gospel n’Brass : The American Gospel Singers
 
Ce fut un moment de grâce hier sous le chapiteau bondé du festival du Monastier. C’était aussi une première : le gospel faisait son apparition dans la programmation. The American Gospel Singers est un concept créé par Gislaine Mac, qui a souhaité, en 2000, inviter des solistes de haut niveau autour d’elle, et qui n’avaient donc plus rien à prouver puisqu’ils excellaient dans leur art. Elle souhaitait obtenir de leur part un retour à une certaine humilité dont les grands artistes peuvent parfois manquer. Ces conditions remplies, c’est une recherche d’authenticité que ces chanteurs habités donnent à voir et à entendre, avec la dimension religieuse que l’on souhaite ou non puiser dans leurs voix immenses.
Le pari fut réussi : accompagnés par des musiciens virtuoses, tous professeurs de l’Académie du Festival, sous des arrangements de Jean Gobinet, les 10 chanteurs du groupe sont entrés dans les corps et les âmes de l’auditoire, à travers le blues et le negro-spiritual. Leurs voix puissantes, envoûtantes et célestes ont fait passer des frissons partout dans le public, et chacun d’entre eux devenant soliste tour à tour, amenait une couleur particulière aux chants proposés en fonction de sa propre tessiture, comme par exemple la chanteuse alto Janice Jamison ou la soprano Torry Robinson. Un gospel à l’Américaine, avec des chants qui montent en puissance jusqu’à frôler la transe. Des classiques comme « When the Saints » ou « Happy Day » mais aussi des textes plus engagés, car « parler de nos convictions en même temps que nous parlons de notre foi, c’est notre responsabilité… ».
Spectacle sublime, , le public en standing ovation… Allelujah… !
 
 
Big-band Laurent Mignard « Duke orchestra »
 
Jouer en deuxième partie d’une formation gospel aussi éclatante qu’hier soir pouvait paraître impossible. Mais le big-band de Laurent Mignard a su relever le défi avec son big-band spécialisé dans la musique de Duke Ellington. Cette formation de musiciens virtuoses, dans la plus pure tradition du big-band jazz, a décoiffé le public du chapiteau. Laurent Mignard revendique sa spécialité Ellingtonienne. Le chef d’orchestre nous explique « Ce compositeur génial est né en 1899 et mort en 1974, il a donc traversé tous les courants majeurs de la musique jazz. Sa production musicale est tellement énorme que l’on peut jouer tous les répertoires : danse, cabaret, classique , swing, exotique, sacré. C’est un travail exigeant car les partitions n’existent pas et il faut écouter les disques pour retranscrire la musique. Heureusement en France il y a beaucoup de musiciens qui jouent dans la tradition swing et qui sont prêt à jouer dans le big-band ».
Le pari de Laurent Mignard est réussi : le public a adhéré sans réserve à cette musique. Les saxophones véloces combinent leur souffle avec les trompettes acides, le velouté des trombones se marie à la voix suave de la chanteuse. La rythmique a assuré un swing ravageur rehaussé par une danseuse de claquettes. Comme dans les heures chaudes des big-band c’est la danse qui a mené l’orchestre.
Comme Manu Dibango jouant Sidney Bechet, ou le programme Gospel, ce big-band a prouvé à nouveau l’intérêt du public pour un retour aux sources du jazz.
 
 
OFF : Les Oiseaux de Passage.
 
Le bar Le Provence accueillait pour l’apéritif ce groupe d’amateurs passionnés de Brassens, mais aussi auteur-compositeur. Ces cinq musiciens nous ont entraîné dans une peinture de la misère et de la violence de la société actuelle à travers des textes engagés, pour donner à réfléchir. Ils ont aussi repris quelques chansons de Brassens comme on pouvait s’y attendre, et pour le plaisir de tous. On pourra retrouver les Oiseaux de Passage (du titre d’une chanson de Brassens) le 21 Septembre à la Salle Jeanne d’Arc au Puy.
 
 

Samedi 11 août au chapiteau à 21 heures :

 
1ère partie : COURIR LES RUES, groupe valdoisien qui viendra prodiguer une musique éclectique, inspirée du swing, du jazz manouche et du musette.
 
2ème partie : LES BLEROTS DE R.A.V.E.L. clôtureront le festival par un véritable spectacle concert sur des rythmes tziganes et jazz. Une agréable façon de terminer sur une note énergique, festive et optimiste.






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