En dépit de conditions climatiques dignes de la Bretagne, la cité vellave du Monastier sur Gazeille a offert de belles éclaircies musicales.
OFF : les chevals
Même si le marché de ce mardi matin n’a pu être mis en musique par le « trio jazz » (orchestre résident du festival), la fanfare « les chevals » a redonné du son de cuivres dans l’atmosphère du Moulin de Savin.
Baroclub
L’église Saint Jean a proposé en début de soirée un autre genre de spectacle.
Tout le monde sait que le milieu du jazz est propice à l’esprit « club ». Il s’agit de proposer un lieu, une rythmique (piano, basse, batterie) et d’inciter des cuivres à venir participer à cette fête musicale qui prend son ampleur dans la spontanéité.
Il est en revanche beaucoup plus rare de créer le même événement avec de la musique baroque. Pourtant, c’était le pari de l’académie du festival : créer un lieu de rencontres de musique baroque ouvert au public. Et le public était présent car pas moins de 150 personnes ont pu savourer les sonorités d’instruments anciens tels que la trompette naturelle, le serpent (le lointain ancêtre du tuba), les violons, les violes, l’orgue positif et même des chanteurs baroques.
La place laissée à l’improvisation musicale est certes moins importante que dans la musique dite « jazz » mais l’état d’esprit est bien le même que dans un club : partager la musique, offrir un répertoire et, pour l’auditoire, écouter avec indulgence ceux qui prennent des risques. Et à l’image de l’exigence extrême dont font preuve les musiciens baroques, cette prestation était ponctuée d’explications techniques et historiques destinées à guider les spectateurs dans l’univers particulier de la musique baroque.
MANU DIBANGO
La soirée musicale s’est prolongée au chapiteau avec le charismatique
Manu Dibango.
Oubliant en partie son répertoire habituel, le saxophoniste a offert son nouveau projet autour de la musique de Sidney Bechet à pas moins de 1300 spectateurs. A 17 ans,
Manu Dibango, alors récemment arrivé en France, allait danser au caveau de la Huchette à Paris au son de l’ensemble du légendaire saxophoniste de la Nouvelle-Orléans. Il a gardé l’esprit de la danse dans sa musique, déplorant que « certains musiciens jazz de la scène française actuelle pensent plus à leurs cerveaux qu’à leurs corps ».
Entouré de musiciens prestigieux qui le suivent de Nice à Budapest, il célèbre sa muse qu’est la musique de jazz « un bienfait qui sort du merdier de l’esclavage en Amérique ». Son hommage à Bechet possède une réelle valeur. On peut trouver que cette musique est datée ou peu évolutive mais en fait ce problème ne se pose pas. Cette musique est le creuset du jazz actuel. Le public a assisté à une espèce de guide d’écoute de la musique jazz en la prenant à une de ses sources.
Manu a peut être une similitude avec les musiciens baroques : une véritable authenticité…
MERCREDI
21h00 sous le Chapiteau :
Rido Bayonne et son orchestre - Afro-jazz
Jazz Club à partir de 23h30 à la Salle des Fêtes :
Mabreuch
Off :
Les Chevals au Restaurant le Pizzicato à 11 heures
Les Chevals au Bar l’Aquarium à 18 heures
Mega Tuba Orchestra aux Estables à 18 heures
JEUDI
21h00 sous le Chapiteau :
Patrick Artero - Hommage à Jacques Brel
Jazz Club à partir de 23h30 à la Salle des Fêtes
Off :
Trio jazz à l’Auberge des Acacias à 11 heures
Kartet au Puy en Velay (centre Pierre Cardinal) à 17 heures
La Maison Quitientchaud au Bar le Ré bémol à 18 heures
Mabreuch au Bar l’Aquarium à 23 heures 30

BaroClub01