Patrick ARTERO joue Brel
Après avoir traversé de multiples univers musicaux, de la salsa au jazz, du dixieland à la musique de film et bien d’autres encore, et après avoir rendu hommage à Bix Beiderbecke dans un précédent album,
Patrick ARTERO revient avec son adaptation instrumentale des chansons de Jacques BREL. Une relecture épurée, sur des sonorités plutôt blues et jazz, mais aussi salsa, boléro, chachacha. Pour les amoureux de Brel, il n’était peut-être pas toujours facile de reconnaître les morceaux, car le but de
Patrick ARTERO n’était pas de reproduire les mélodies, mais bien de revisiter le chanteur disparu, et de faire ressortir le regard particulier qu’avait Brel sur les choses essentielles de la vie, la mort, l’espoir, l’amitié…avec la trompette comme lead.
Pour cela, il a travaillé avec l’arrangeur
Vincent Artaud sur plusieurs morceaux, et s’est entouré des musiciens prestigieux, avec notamment
Giovanni Mirabassi au piano.
En revanche,
Patrick ARTERO n’a pas souhaité d’accordéon, comme on aurait pu s’y attendre dans le répertoire brélien. Il lui a préféré la contrebasse et les percussions, la batterie et le piano, pour pouvoir imprimer la couleur qu’il avait dans la tête, et ce fut réussi, émouvant , profond.
Patrick ARTERO a su démontrer, sans nul doute, que le jazz est une forme musicale adéquate pour rendre hommage aux artistes populaires, y compris Jacques Brel. Respects.
Kartet, Le Puy
La scène du Centre Pierre Cardinal du Puy en Velay a accueilli un deuxième concert dans cette nouvelle programmation décentralisée. Et c’était certainement un des meilleurs concert de jazz de la semaine. Pas un jazz « historique » à la Manu Dibango, codé à la Rido Bayonne ou arrangé comme celui d’Artero, mais un jazz actuel. Le concept est assez simple : inventer.
Benoît Delbecq (piano),
Hubert Dupont (basse),
Guillaume Orti (saxophone) et
Chandler Sardjoe (batterie) inventent leur musique. Leur répertoire est exigeant, complexe, atonal polyrythmique. Mais ils ne nous ont pas proposé un concert pour intellos musicologue. Un spectateur remarque que
« leur son est incroyable et la batterie nous guide dans l’écoute ». Car c’était bien là la preuve de leur talent d’artistes : emmener tranquillement les 150 spectateurs de la salle dans leur univers si particulier…
Le Off :
Mabreuch
Comme le nom du groupe ne le laisse pas entendre,
« Mabreuch » (« ma chambre » en verlan) ne fait pas de la musique de chambre. Ce collectif crée par
Conik, saxophoniste multi-cartes, a boosté a par deux fois l’atmosphère parfois trop ouaté de
"la musique des cuivres".
Au départ c’était un disque autoproduit avec des copains à la maison, dans une chambre. Mais le genre de musique proposé par ce groupe se prête à la scène.
Sur le papier le répertoire n’est pas original : quelques thèmes jazz (Gillespie, Mingus), quelques musiques de film et beaucoup de compos. La magie vient d’ailleurs. Car on ne sait pas si on entend une fanfare, un groupe de funk, un big-band ou un groupe rock-fusion genre Tower of Power… Qu’importe le groove est là, et quel groove ! Le trio basse-batterie-guitare donne des couleurs tour à tour rock, jazz, funk et disco. Les cuivres (saxophones, trompettes, trombones, flûtes) n’ont jamais autant mérité leur nom de soufflants car l’autre force de
Mabreuch, c’est le souffle. Les musiciens ont des sons « terribles », ils remplissent leurs instruments pour nous faire danser comme dans une boîte de nuit branchée. Et en fin de concert c’est le spectateur-danseur qui risque de manquer de souffle.
Attention messieurs les musiciens de
Mabreuch car l’expression « file dans ta chambre », ne sera plus tout à fait la même.
Vendredi 10 août
Chapiteau, 21h00
Soirée
Gospel jazz and swing.
Off
11h00
Trio Jazz, Place de la pharmacie
18h00
Les oiseaux de passage, Bar restaurant le Provence
et à partir de 23h30,
Jazz Club à la salle des fêtes.
Samedi 11 août
Chapiteau, 21h00 :
Les blérots de R.A.V.E.L. &
Courir les Rues